
Le marché français des jeux d’argent a dégagé un produit brut des jeux de 5,66 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de seulement 0,5 % sur un an : la croissance ralentit nettement, et seul le jeu en ligne tire encore l’ensemble vers le haut, selon le bilan publié le 15 octobre par l’Autorité nationale des jeux.
Un marché qui ralentit, un record de joueurs
L’Autorité nationale des jeux (ANJ) a publié le 15 octobre son bilan du marché des jeux d’argent au premier semestre 2026. Le produit brut des jeux — les mises moins les gains reversés — atteint 5,66 milliards d’euros, hors casinos terrestres et clubs de jeux, dont les résultats font l’objet d’une communication annuelle.
La progression n’est plus que de 0,5 %, alors qu’elle atteignait 4,1 % au premier semestre 2025. Le paradoxe, c’est que jamais autant de Français n’ont joué : le régulateur recense 5,85 millions de comptes joueurs actifs, en hausse de 24 % sur un an, une base qualifiée d’inédite.
Le jeu en ligne, seul moteur de la croissance
Le segment en ligne concentre toute la dynamique. Son produit brut des jeux grimpe à 1,45 milliard d’euros, soit +11 % sur un an, et représente désormais 25,6 % du marché. L’ANJ le décrit comme le seul contributeur de la croissance du semestre.
Un quart du marché se joue donc depuis un écran. La tendance se vérifie segment par segment : tout ce qui est en ligne progresse, tout ce qui relève des réseaux physiques sous droits exclusifs recule.
Paris sportifs : un mois de juin hors norme
Les paris sportifs en ligne enregistrent 6,6 milliards d’euros de mises, en hausse de 10,6 %. Le détail interpelle : la progression n’était que de 4 % de janvier à mai, avant un bond de 47 % en juin, dans le sillage d’un calendrier sportif chargé.
Le nombre de comptes joueurs actifs sur ce segment a progressé de 69 % entre juin 2025 et juin 2026. Les opérateurs ont mis les moyens : les bonus d’acquisition ont été multipliés par près de quatre par rapport à juin 2025, un niveau que le régulateur surveille de près.
Poker et hippique en ligne confirment
Le poker en ligne poursuit sa série : 290 millions d’euros de produit brut des jeux, en hausse de 13,4 %, portés à 70 % par les tournois Sit&Go. Le nombre de joueurs actifs y progresse de 39 % sur le semestre.
Les paris hippiques en ligne signent leur meilleure performance depuis 2021, avec 920 millions d’euros d’enjeux (+16 %). La filière physique du PMU, elle, décroche : 3,1 milliards d’euros d’enjeux (-3,8 %) et un produit brut en repli de 5,8 %. Le PMU prévoit de verser 725 millions d’euros à la filière hippique en 2026, contre 802 millions en 2025.
FDJ United et loterie en repli
FDJ United, qui exploite la loterie et les jeux de grattage sous droits exclusifs, voit son produit brut des jeux reculer de 2 %, à 3,43 milliards d’euros. L’opérateur pèse encore 61 % du marché hors casinos terrestres, mais les jeux de tirage chutent de 7,6 %, pénalisés par l’absence de gros cycles Euromillions.
Un an plus tôt, FDJ United contribuait pour 2,7 points à la croissance du marché. Son retournement explique l’essentiel du coup de frein global du semestre.
Et les jeux de casino en ligne ?
Le bilan de l’ANJ le rappelle en creux : les segments ouverts à la concurrence en ligne restent les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. Les machines à sous, la roulette ou le blackjack en ligne ne font pas partie de l’offre agréée en France, et les sites qui en proposent figurent régulièrement sur la liste noire du régulateur, consultable sur anj.fr.
Pour les joueurs, la croissance record du nombre de comptes actifs a aussi un revers : plus de pratiquants, c’est mécaniquement plus de profils à risque. Les outils d’auto-limitation de mises et de temps de jeu proposés par les opérateurs agréés restent le meilleur garde-fou.
Questions fréquentes
Que mesure le produit brut des jeux ?
C’est la différence entre les mises des joueurs et les gains qui leur sont reversés. Il mesure le chiffre d’affaires réel des opérateurs, pas le volume total misé.
Pourquoi le marché ralentit-il malgré un record de joueurs ?
Parce que la loterie et le réseau physique du PMU, qui pèsent lourd, reculent. La croissance du jeu en ligne (+11 %) ne compense qu’à peine ces baisses.
Les casinos en ligne sont-ils inclus dans ces 5,66 milliards ?
Non. Les jeux de casino en ligne ne sont pas agréés en France ; le chiffre couvre les segments légaux en ligne et les jeux sous droits exclusifs, hors casinos terrestres.
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé).
