
Le marché français des jeux d’argent a pratiquement cessé de croître au premier semestre 2026 : selon le bilan publié le 15 octobre par l’Autorité nationale des jeux (ANJ), le produit brut des jeux atteint 5,66 milliards d’euros, en hausse de seulement 0,5 % sur un an, et seule l’offre en ligne tire encore l’ensemble vers le haut.
Un coup de frein inédit depuis la reprise
Le chiffre publié par l’ANJ dans son bilan du marché au premier semestre 2026 marque une rupture. À périmètre comparable, le secteur progressait encore de 4,1 % un an plus tôt. Passer de ce rythme à une quasi-stagnation de 0,5 % signifie que les segments historiques, loteries et points de vente en tête, reculent ou font du surplace.
Ce bilan couvre l’ensemble du marché régulé, à l’exception des casinos terrestres et des clubs de jeux, qui font l’objet d’un suivi distinct. Il agrège donc la loterie, les paris sportifs et hippiques en réseau physique, et toute l’offre en ligne agréée.
Le jeu en ligne, seul moteur encore allumé
Le constat de l’ANJ tient en une phrase : la croissance du semestre n’est portée que par le marché en ligne. Rien de surprenant au vu des données annuelles. Dans son rapport d’activité publié au printemps, l’autorité chiffrait déjà le produit brut des jeux en ligne à 2 617 millions d’euros pour 2025, soit 18,5 % du marché total, une part qui grossit chaque année.
Dans le détail, ce sont les paris sportifs qui font la course en tête. Une note publiée par l’ANJ le 12 octobre rappelle qu’en 2025, leur produit brut a atteint 1 766 M€ (+10,4 %) pour 11 517 M€ de mises (+12 %). L’autorité y analyse quels sports et quelles compétitions alimentent cette dynamique.
Et le casino en ligne dans tout ça ?
Rappel utile pour les joueurs : les machines à sous, la roulette ou le blackjack en ligne restent interdits en France. La loi de 2010 n’a ouvert à la concurrence que trois verticales sur internet, les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. Les sites qui proposent du casino en ligne aux joueurs français opèrent donc sans agrément, hors de toute protection du régulateur.
Ce bilan semestriel nourrit pourtant le débat. Un marché physique à l’arrêt et un online qui concentre toute la croissance, c’est précisément l’argument des partisans d’une ouverture encadrée du casino en ligne, régulièrement discutée lors des débats budgétaires, sans qu’aucun texte n’ait abouti à ce jour.
Une régulation qui se resserre sur la publicité
Pendant que le marché ralentit, le régulateur consolide son arsenal. Le 7 octobre, l’ANJ et l’ARPP, l’autorité de régulation de la publicité, ont renouvelé leur convention de partenariat sur la publicité des opérateurs. Signée en 2023, elle s’étend désormais aux jeux à objets numériques monétisables (JONUM), et l’ARPP sera associée à la révision des chartes d’engagement de 2022.
Pour les joueurs, cette séquence d’octobre dessine une ligne claire : l’offre légale en ligne continue de gagner du terrain, mais sous une surveillance publicitaire renforcée, pendant que l’offre illégale reste la cible des blocages administratifs.
Questions fréquentes
Que dit le bilan de l’ANJ pour le premier semestre 2026 ?
Le produit brut des jeux du secteur, hors casinos et clubs de jeux, atteint 5,66 milliards d’euros, en hausse de 0,5 % par rapport au premier semestre 2025. Un an plus tôt, la progression était de 4,1 %. Seul le marché en ligne continue de croître.
Quels jeux d’argent en ligne sont légaux en France ?
Seuls les paris sportifs, les paris hippiques et le poker en ligne sont autorisés, sur des sites agréés par l’ANJ. Les jeux de casino en ligne, machines à sous, roulette ou blackjack, ne disposent d’aucun cadre légal en France, contrairement à plusieurs pays européens voisins.
Pourquoi la croissance du marché s’est-elle arrêtée ?
Le bilan de l’ANJ montre que les segments physiques, loteries et points de vente, ne progressent plus. La croissance résiduelle du marché vient uniquement de l’offre en ligne, portée par les paris sportifs, dont le produit brut a augmenté de 10,4 % en 2025.
